CONFÉRENCE DE PRÉSENTATION
Le mardi 6 octobre 2026 à 19h30 à la salle Trocmé, rue du Jura, 2 - 1201 Genève
Conférence donnée par Guillaume Tourniaire ponctuée d'extraits musicaux.
Entrée libre.
LA FEMME NUE
Présentation de l'opéra d'Henry Février par Georges Schürch
La Femme nue, drame lyrique en quatre actes d’après Henry Bataille, paroles de Louis Payen, musique de Henry Février, créé à l’Opéra de Monte-Carlo le 23 mars 1929, rejoué en 1932 à l’Opéra Comique et plus joué depuis, reprendra vie le mercredi 14 octobre 2026 au Victoria Hall de Genève, en coproduction avec l’Orchestre de Chambre de Genève.
Le résumé :
La jeune et belle Lolette Cassagne, de milieu modeste, gagne sa vie comme modèle. Un jeune artiste désargenté, Pierre Bernier, l’a peinte nue, de dos. Il a intitulé son tableau La Femme nue. Cette toile remporte le Grand Prix du Salon de Peinture. Lolette et Pierre sont tombés amoureux au gré des séances de pose et la jeune femme a quitté son amant du moment, un peintre plus âgé qu’elle, Rouchard. Le Prix est remis à Pierre lors d’une fastueuse soirée en présence du Sous-Secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts. Dans l’euphorie de la fête et de l’aisance matérielle que cette prestigieuse récompense permet d’espérer, Pierre prend l’assemblée à témoin et demande à Lolette de bien vouloir l’épouser. Cinq ans passent. Le couple s’est installé dans le luxe, mais Pierre s’est embourgeoisé, y compris dans son style de peinture, et Lolette ne s’est pas départie de ses manières modestes. Pierre s’est amouraché d’une femme du monde, la Princesse Paule de Chabran, dont il a réalisé le portrait. Lors d’une fête, Lolette surprend Pierre et la Princesse en pleine roucoulade. Le scandale est évité de justesse grâce à l’intervention du Prince, vieillard sans illusion, lucide et généreux. Il se résout quand même à demander le divorce et Pierre et la Princesse se livrent totalement à leur passion. Ils s’apprêtent à s’enfuir loin de Paris lorsque Lolette les surprend à nouveau en pleine exaltation. Son monde s’effondre et les dénégations et remords de Pierre n’y peuvent rien : Lolette, désespérée, tente de se suicider. A l'hôpital, Bernier se confond en remords au chevet de Lolette. Il est prêt à renoncer à sa vie luxueuse et à assumer son devoir d'époux légitime envers Lolette, mais celle-ci n'a que faire de sa pitié. Entre eux, l'amour est mort. Restée seule, Lolette se prépare à quitter sa chambre alors que le printemps pointe au dehors. Rouchard apparaît dans l'entrebâillement de la porte. C'est lui qui la consolera.
Le compositeur : Henry Février (1875-1957)
Henry Février naît à Paris le 2 octobre 1875. Il étudie la composition au Conservatoire de sa ville natale avec Raoul Pugno, Xavier Leroux, Jules Massenet, Gabriel Fauré et reçoit des leçons privées d’André Messager. En 1903, sa Sonate pour violon est créée par Georges Enesco et Raoul Pugno. En 1918, il compose un Hymne aux morts pour la patrie sur des textes de Charles Péguy. Sa réputation repose principalement sur ses ouvrages lyriques, parmi lesquels Gismonda, donné à Chicago en 1919 avec Mary Garden dans le rôle-titre et Monna Vanna, son plus grand succès, sur le texte de la pièce de Maurice Maeterlinck. Il fut aussi critique musical pour l’hebdomadaire La Renaissance et président de la Société des Auteurs et Compositeurs de Musique (SACEM) entre 1943 et 1944. En 1948, il a publié l’ouvrage André Messager mon maître, mon ami. Il meurt à Paris le 8 juillet 1957. Son œuvre comprend une dizaine d’ouvrages lyriques, des choeurs, des mélodies, de la musique de chambre et des pièces pour piano. Il est le père du pianiste Jacques Février (1909-1979) et le grand-père de la compositrice Isabelle Aboulker (née en 1938).
Avertissement :
La Femme nue est à l’origine une pièce de théâtre de Henry Bataille (1872-1922) créée au Théâtre de la Renaissance, à Paris, le 9 mars 1908. Auteur prolifique, Henry Bataille est aujourd’hui classé un peu rapidement dans la catégorie des auteurs de vaudevilles superficiels dans le Paris des années folles. Une étude plus attentive de certaines de ses œuvres, notamment La Femme nue, laisse apparaître que Bataille se plaît à « choquer le bourgeois » et qu’il se livre à une critique acerbe de celles et ceux qui cèdent à une ascension sociale sans morale. Stigmatisant au passage la « Vieille France », il peint avec réalisme la pureté des sentiments broyée par la convenance mondaine. Ainsi convient-il de ne pas voir dans cette « femme nue » un simple corps dénudé livré à la convoitise des regards masculins, mais une âme féminine dépouillée, laminée, psychiquement détruite par la duplicité d’un représentant de la gent masculine. Les événements récents liés au mouvement #Metoo montrent que la pièce de Bataille et l’argument qu’en a tiré Louis Payen sont d’une actualité brûlante.
Georges Schürch
Distribution :
Direction : Guillaume Tourniaire
Lolette : Tamara Bounazou
Pierre Bernier : Valentin Thill
La Princesse de Chabran : Antoinette Dennefeld
Rouchard : Jean-Sébastien Bou
Le Prince de Chabran : Christophe Mortagne
Nini : Lisa Tourniaire
Emma : Maud Bessard-Morandas
Sellier : Fabien Hyon
Gréville : NN
Tabourot : NN
Roussel : Joshua Morris
L’Infirmière : Marie Bokatola
Orchestre de Chambre de Genève
Chœur Années folles
